Chapitre 3 1er partie

Un peu plus d'une semaine était passée depuis l'incident du Mcdo qui avait visiblement agrandi la distance déjà importante qui séparait Keil de Sean. Et ce dernier s'en voulait. Il ne savait pas pourquoi, mais ce gosse l'obsedait. Il ne le connaissait que depuis une semaine et pourtant, il voulait à tout prix l'aider, lui faire oulier tous les mauvais souvenirs qui le faisait souffrir un peu plus chaque jour. Mais peut être esperait-il trop? Peut être se surestimait-il? Peut être que même avec toute la volonté du monde, il n'était pas capable de consoler le jeune homme? Mais Sean était sur d'une chose, s'il avait une chance d'aider Keil, il fallait qu'il connaisse son passé douloureux. Son passé qu'il était seul à connaitre. Il fallait qu'il sache ce que ressent l'adolescent au plus profond de lui. Il fallait que Keil se confie à lui, et c'était pour l'instant la partie la plus difficile. De plus, il était seul face à cette situation, Siannah ne savait pas comment réagir face à cette "guerre froide" et elle laissait donc Sean se débrouiller seul, pensant qu'il savait gérer ces situations mieux qu'elle. Mais la vérité était tout autre. Sean était totalement désemparé face à cette situation. Certes, il côtoyait des adolescents tous les jours, mais c'était différents. Car ses élèves n'étaient pas Keil...

Nous étions donc lundi, en fin d'après midi. Keil avait passé sa journée à écouter de la musique tout en rangeant les quelques habits que Sean lui avait finalement acheté quelques jours auparavant. Ca avait été très rapide, ils s'étaient contentés de prendre les premiers habits qui plaisaient à Keil et étaient rentrés, tout ca dans un silence quasi-complet. L'adolescent était donc dans sa chambre lorsqu'on toqua à sa porte.

- Ouais!

La porte s'ouvrit sur Sean.

- Bonjour... Je voulais juste voir si tu étais là...
- Alors, déçu?

Sean soupira, las que Keil soit toujours sur la défensive.

- Pourquoi t'obstines-tu à penser que je ne te veux pas ici?
- Parce que je suis un brin lucide?

Sean ferma la porte et s'approcha de l'adolescent qui ne bougea pas, le défiant du regard. Sean répondit à cet "affront" et planta son regard vert emeraude dans celui du jeune homme et le prit fermement par les épaules, ce qui surpris Keil sans qu'il ne cille pour autant.

- Qu'est ce que je dois faire pour que tu comprennes que je tiens à toi?

Sean avait prononcé cette phrase d'un ton mi-ferme, mi-suppliant. Il ne savait pas quoi faire pour prouver à l'adolescent qu'il était important à ses yeux alors en dernier recours, il lui demanda. Les deux hommes restèrent ainsi sans bouger, ils semblaient jouer à un jeu dans lequel le premier qui détourne les yeux perd. Au bout de quelques minutes, Sean sembla revenir sur terre et détourna le regard. Il ajouta d'une voix triste.

- Je vois que tu n'es pas décidé à me faire confiance, j'attendrais. On mange bientôt, tu descendras...

Il quitta la chambre sans un mot de plus. Keil se laissa tomber sur le lit en poussant un soupir de soulagement. L'adolescent avait ressenti une sensation étrange lui traverser le corps lorsqu'il avait les yeux planter dans ceux de Sean, un sentiment qu'il n'aurait pu expliquer mais il savait que si Sean n'avait pas lacher son regard, quelque chose se serait passer, et Keil avait peur de ne savoir que trop bien ce qu'était ce "quelque chose"... Cependant, un sentiment en lui restait encore inconnu... L'adolescent ferma les yeux comme pour chasser ses troubles et se leva, direction la cuisine.A table, il était anormalement gêné mais ni Siannah ni Sean ne remarquèrent quelque chose, étant donné que gêné ou pas, Keil mangeait sans un bruit, le regard dans son assiette, son attitude extérieure ne changeait donc pas vraiment... Ce qui parut anormale au couple fut ceci...

- Keil, j'ai parlé au proviseur du lycée où je travaille, et il m'a dit que tu pourrais rentrer au prochain trimestre.
- Ouais...

Siannah regarda son mari avec des yeux ronds, persuadée que Keil aurait une nouvelle fois fait une crise et serait monter en trombe dans sa chambre. Mais non, il avait juste répondu "ouais" sans même lever la tête. La jeune femme aimait à penser que c'était car l'adolescent commencait enfin à s'habituer et à accepter son nouveau foyer... bien que la véritable raison du "calme" de Keil était tout autre... Le reste du repas, l'adolescent ne prononça pas un mot. Siannah et Sean, eux, échangeaient quelques phrases inutiles, histoire de remplir la conversation quasi-inexistante. Lorsqu'il eut finit, Keil lanca un "J'vais m'pieuter, 'nuit" qui, dans le language adolescent voulait dire "Je vais me coucher, bonne nuit".

# Posté le jeudi 21 février 2008 05:08

Chapitre 3 2em partie

Chapitre 3 2em partie
" - NAN !!! JE VEUX RESTER AVEC KAIL !!! LAISSEZ MOI AVEC LUI !!! KAAAAAIL !!!! "

- KAIL !!

C'est dans un sursaut que Keil se réveilla au beau milieu de la nuit. Sans qu'il ne sache ni pourquoi, ni comment, il sentit deux bras l'encercler et le serrer. Perturbé par ce cauchemard sur son passé et le front en sueur, Keil se blottit contre le torse qui le serrait et prit conscience que son coeur battait anormalement vite comparé à celui sur lequel son visage était posé. Sa vue était brouillée et il n'entendait rien d'autre que le tappage que faisait son coeur contre sa poitrine et les "chuuuttt" rassurants de la personne qui l'étreignait... Ils restèrent ainsi quelques minutes jusqu'à ce que la respiration de Keil se stabilise et que l'adolescent reprenne ses esprits. Sean le repoussa doucement par les épaules et posa ses mains sur les joues de Keil en percant de ses yeux vert le regard perdu de l'adolescent.

- Keil... Keil... est ce que ca va?
- Sean?
- Oui c'est moi, tout va bien...

Keil le regarda un instant puis se serra denouveau dans ses bras, ce qui surpris Sean qui s'attendait à ce qu'il le repousse. Il ne repoussa pas cependant l'étreinte de l'adolescent et le serra même un peu plus fort contre lui, heureux bien qu'inquiet de cette soudaine démonstration d'affection...

Au petit matin, les rayons du soleil pénetrèrent dans la chambre de Keil (qui avait encore une fois oublier de fermer ses volets). L'adolescent était allongé sur son lit, par dessus la couette et bien qu'il ait été recouvert d'une robe de chambre, il devait avouer qu'il se les caillaient sec. Dormir en boxer en plein mois de novembre n'était définitivement pas une bonne idée se dit l'adolescent tout en se faufilant sous les draps. Il se releva sur les coudes et observa la chambre, les yeux plissés tout en chassant les mèches qui tombaient devant ses yeux. Pourquoi s'était-il retrouvé par-dessus la couette recouvert d'une robe de chambre qui ne lui appartenait pas? Il lui fallut un instant pour se rappeler de tout, Kail, son cauchemard, son réveil et surtout... Sean. L'adolescent soupira et se laissa retomber sur le matelas avant de se rendormir.

En se levant un peu plus tard dans la matiné, oui car 11h59 fait toujours partit de la matiné, Keil descendit dans la cuisine où il vit un post-it collé sur "le placard au trésor". Il le lut.

" Je pense bien que s'il y a un endroit où ce post it à le plus de chance d'être vu, c'est ici. Siannah ne rentre pas à midi, il y a ce qu'il faut dans le frigo. Excuse moi de te laisser tout seul aujourd'hui mais tu pourras toujours aller faire un tour en ville. Je rentre vers 17h "

Faisant impasse sur la première partie du message qui le prenait clairement pour un goinfre, Keil prit en consideration le fait qu'aller faire un tour ne lui ferait pas de mal. Après avoir manger un sandwich fait à la va-vite, Keil ouvrit l'armoire qui se trouvait dans l'entrée et prit son manteau. Il allait refermer la porte lorsque son regard se posa sur l'écharpe de Sean. Il la regarda un instant puis se décida à la prendre et la mit autour de son cou et sortit de la maison.

Il marcha dans les rues désertes un mardi après-midi, les mains dans les poches. Il appréciait le silence, le vent glacial lui caressant les joues et la fumée de son souffle s'évaporant dans l'air à chacune de ses expirations. Biensur, un état d'esprit aussi serein que celui dans lequel était Keil ne pouvait durer longtemps. Aussi, lorsqu'il arriva aux abords du centre ville, il croisa un petit groupe d'adolescents, trois filles habillées vulgairement et un garçon... Un garçon qu'il reconnut... Un garçon qu'il aurait bien voulu oublier... Mais visiblement, l'individu, lui, ne l'avait pas oublier, il fit stopper ses "suiveuses" et lanca un regard méprisant sur Keil.

- Ca alors! Quelle surprise! Keil Personne! Comment est ta nouvelle famille? Ils te frappent aussi j'espère!
- Va te faire foutre Yan.
- Oh oh... Doucement! Fais pas ton malin avec moi!
- Arrête de te la jouer devant tes putes, tu sais très bien que je te mets à terre quand je veux.

Les dites "putes" se mirent à insulter Keil entre elles tout en restant derrière Yan qui n'avait pas apprécié la remarque et regarda Keil d'un air qui se voulait menacant, tentant de l'intimider. Keil était pourtant tout sauf intimidé. Blasé et agacé, oui. Mais intimidé, pas le moins de monde, sachant très bien que ce qu'il venait de dire était la pure vérité. Il s'était déjà battu à plusieurs reprises avec Yan lorsqu'il allait encore au lycée et il l'avait toujours laissé sur le carreau. Il se demandait d'ailleurs pourquoi il revenait sans cesse à l'attaque... Yan était le type même du fils-à-papa pourri gâté qui se croit supérieur à tout et à tout le monde. Il était le fils du dirigeant d'une grande entreprise de la région et avait donc toujours eu tout ce qu'il voulait. Les filles tombaient toutes à ses pieds, les profs étaient tous doucereux avec lui de peur de se faire renvoyer par un simple coup de fil de la part de son père qui avait multiples relations dans divers milieux... Et il avait par conséquent les notes, bien qu'il soit un parfait imbécile. Yan était le genre de personne que Keil détestait, lui à qui la vie n'avait jamais sourit.

- Aufait, tu aimes toujours te faire prendre, grosse tantouze?

Les filles gloussèrent alors que Keil resta de marbre face à cet insulte. Cette histoire l'avait rendu plus fort, bien qu'il en ai souffert longtemps. C'était il y a deux ans et demi, Keil avait alors 15 ans et avait eu une pseudo histoire avec un autre garcon de sa classe. C'était sa premiere expérience homosexuelle bien qu'il savait depuis longtemps déjà que les gros décolletés n'étaient pas pour lui. Ce garcon s'appelait Jim et lorsque les deux garcons étaient passés à l'acte, ce dernier avait tout filmé pour ensuite montrer la vidéo à tous ceux qui voulait la voir. C'est depuis ce jour que Keil n'allait plus au lycee, cette trahison l'avait fait prendre conscience que les gens étaient tous cruels et idiots et qu'on ne pouvait rien y faire. L'orphelinat avait tout fait pour le faire retourner au lycee jusqu'à ce que finalement, ils y renoncent. Yan voulait qu'il craque et Keil le savait, et il savait également qu'il n'y arriverai pas... à moins qu'il ne parle de lui . Keil préféra donc garder le sujet orienté sur sa préférence sexuelle dont il n'avait absolument pas honte.

- Biensur que j'adore toujours autant, c'est jouissif. Tu devrais essayer une fois! Crois moi, ce n'est pas avec ces bimbos que tu auras un quelconque orgasme!

Les filles stoppèrent leur rire et on les entendit murmurer des "gros con", "sale pd" ou encore "j'suis pas une bimbo!" alors que Yan, déçu de ne pas avoir touché Keil, cherchait un autre moyen de le faire enrager. Il trouva très vite la solution et un sourire sadique naquit au coin de ses lèvres lorsqu'il leva ses yeux remplis de haine vers Keil.

- Et ton frère, il a toujours pas été battu à mort?

Voila. C'était dit. Il avait réussit, mais il allait le payer. Le regard de Keil qui était jusqu'à présent ininteressé et sans réel sentiments se transforma en un regard de haine. La lueur de rage qui dansait dans ses yeux surpris Yan et les trois filles qui arrêtèrent leurs chuchottements. Keil s'avanca alors rapidement vers Yan pour le prendre par le col et le soulever du sol, plantant son regard gris dans les yeux ternes de son ennemi.

- Lui non, mais toi, ça ne saurait tarder.

Sur ces mots, il envoya son poing dans la joue de Yan avec une rare violence. On entendit la machoire de ce dernier craquer avant d'aller s'écraser au sol, au pied des trois bimbos qui regardaient la scène, choquées. Il fallut un instant au garcon pour reprendre ses esprits. Il se frotta la joue rougie et croisa le regard toujours remplis de haine de son adversaire, un regard qui le fit frémir. Keil serra les poings, lui en remettre une le titillait mais il se retint.

- Maintenant dégages.

Il avait prononcé ces mots d'un ton à faire froid dans le dos. Une des trois filles se tourna vers les deux autres et dit.

- Euh les filles, on devrait pas y aller la?
- Ouais, t'as raison, on y va!
- Bon ben ciao Yan hein! A plus!

Il n'en fallut pas plus pour qu'on les voit disparaitre un coin d'une rue. Yan s'était relevé et les avait regarder partir. Il se tenait toujours la machoire qui commencait à bleuir et il décida qu'il fallait mieux qu'il parte lui aussi. D'autant plus que ses bimbos étant parties, il n'avait plus aucune motivation pour jouer les durs.

- Tu m'le paieras!

Il avait marmonné cette phrase en partant, laissant Keil debout au milieu de la rue, les poings toujours serrés, presque aussi serrés que ne l'était son coeur à ce moment. Il ne put s'empêcher de repenser à ce que lui avait dit Yan... Et si Kail n'était déjà plus de ce monde? Et si il s'était fait tué? Et si il ne le revoyait plus jamais? Non, il ne devait pas penser à ca. Il avait promis à son frère de le sortir de l'enfer dans lequel il se trouvait et il tiendrait sa promesse, coûte que coûte. Penser à la mort de Kail voudrait dire que Keil abandonne, qu'il l'abandonne... et jamais il n'oublierai son frère jumeau, sa moitié, sa raison de vivre... Jamais.

Après l'altercation avec cet idiot de Yan, Keil était directement rentré chez lui, toutes envies de se balader dans la ville s'étant directement envolées. Il avait donc passé la moitié de la journée assis sur son lit, pensif. Ce qu'il s'était passé un peu plus tot l'avait fait réfléchir à beaucoup de choses dont celle de retrouver son frère. Le probléme étant qu'il n'avait aucune information concernant sa tante. Après qu'elle l'ait envoyé dans un orphelinat, elle avait déménagée, emmenant Kail avec elle, afin que Keil ne puisse pas les retrouver. Depuis ce jour ou sa tante l'avait séparé de son jumeau, Keil n'a jamais eu de nouvelle de lui. Les derniers mots que les deux frères se soient échangés étaient sur le palier d'une maison chic cinq années auparavant...

- Keil! Keil ne me laisse pas! Reste avec moi! Ne m'abandonne pas!
- Je reviendrai te chercher Kail!! Je te le promet, je reviendrai! Attend moi!
- Je t'aime Keil!


Et c'est à ce moment que leur tante avait refermé violement la porte, ne laissant pas le temps à Keil de répondre à son cadet que lui aussi, il l'aimait. Qu'il ferait tout pour le retrouver. Que jamais il n'oublierai sa promesse et qu'il serait prêt à tout pour la tenir.

- - -

Sans qu'il ne s'en rende compte, des larmes coulèrent sur ses joues. Kail, jeune adolescent de 16 ans était assis sur un matelas posé à même le sol, un sac à dos posé à coté de lui et la tête appuyée sur le mur sale d'un hangar.

«  Ne m'oublie pas grand-frère... Je t'en supplie... »

# Posté le jeudi 21 février 2008 05:18

Chapitre 4

17:45

Keil avait passé le reste de la journée seul dans sa chambre à écouter de la musique, comme il le faisait souvent lorsqu'il voulait s'échapper, lorsqu'il voulait oublier. Aujourd'hui il se sentait seul, il était seul. Il a toujours été seul. Toujours? Non. Il n'était pas seul lorsque sa moitié était avec lui. Mais on lui a arraché. On lui a prit de force une partie de lui même que rien ni personne ne pourra jamais remplacer. Sans Kail, il se sent vide, il est vide...

A long day alone
Emptiness is so real
Never having peace of mind...


Il ne pourra jamais être heureux, il ne pourra jamais être complet tant qu'il ne l'aura pas retrouvé... Son jumeau, sa moitié. Kail. Aujourd'hui Keil se sent misérable. Misérable de n'avoir toujours rien fait pour le chercher, ou si peu... Misérable d'être logé et blanchi alors que son frère souffre surement sous les coups. Alors que son frère prends les coups que lui même avait prit des années auparavant. Pourquoi lui, il s'en était sortit? Pourquoi ce n'était pas son frère qu'on a chassé? Il aurait préferé rester en enfer et souffrir à sa place mais le destin en a décidé autrement. Même si c'est injuste, même si c'est absurde, c'est ainsi.

I'm here again
A thousand miles away from you
A broken mess, just scattered pieces of who I am...


La porte s'ouvre.

- Keil?

L'adolescent tourna la tête et vit le visage de Sean. Il a un sourire doux dessiné sur les lèvres. Keil se perdit dans les yeux verts de son hôte et ne pense plus à rien. Il fixe seulement Sean qui ne cille pas et soutien son regard.

Open up your arms I need you
I need you, here! Here!


Comme un automate, Keil se lève sans lacher son regard. Il avance, lentement. Sean ne bouge pas mais son coeur bat à une cadence irrégulière, pourquoi? Ils sont proche. Très proche, peut être trop. Le brun ne cille pas, il le fixe. Il se noit dans cet océan couleur émeraude et il s'y sent bien. Très bien, peut être trop.

Open up your arms I need you
I need you, here! Here!


Lentement, Keil pose sa tête contre le torse de Sean qui l'encercle de ses bras. Les bras de Sean. Il s'y sent bien. Très bien, peut être trop. Il ferme les yeux et ne pense à rien d'autre qu'au son des battements du coeur de l'homme qui le tient contre lui. Cet homme qui ne sait plus quoi penser. Il est troublé. C'est la première fois que Keil lui montre de l'affection si ouvertement. Ses bras sont refermés sur lui et ils ne semblent pas vouloir bouger.

I could never be the same
Something that I could never arise
I could never look away
I lost myself in you
It's all over now!


Il sent son odeur, il sent la douceur de ses cheveux contre sa joue et il ne peut s'empêcher d'apprécier. Il aime ce contact qu'il a avec Keil. Il ferme les yeux. Il apprécie, peut être trop. Il voudrait rester ainsi, pour toujours. Il voudrait le protèger toute sa vie, le garder contre lui pour qu'il ne lui arrive rien. Plus rien n'a d'importance, il veut le proteger. Pourtant, le sentiment de bien être qu'il ressent se transforme peu à peu en honte, en culpabilité, en malaise. C'est ça, un malaise. Il se sens soudainement mal de se sentir bien avec cet adolescent dans ses bras. Alors d'un coup, il repousse Keil qui ne comprend pas. Il était bien lui, pourtant. Il était bien contre ce torse chaud qui le faisait tout oublier, il aurait voulu rester comme ca, lui.

You gave it all away
I needed you to stay
Open up your arms I need you!


- Je... je venais te dire que j'étais rentré...

Et c'est sans un mot de plus que Sean quitta la chambre pour rejoindre la cuisine où il prépara le repas. Il fallait qu'il s'éloigne, qu'il parte de cette chambre, vite. Pour se remettre les idées au clair. C'était amical, il est troublé car c'est le premier geste affectif que Keil a envers lui. Oui, c'est ca. Ce n'était qu'un simple geste tendre et inofensif. Non. C'est ce que ça aurait du être. Tout à l'heure, lorsqu'il sentait son corps contre lui, ce n'était pas inofensif. C'est de ça dont il avait honte, c'est de là d'où venait son malaise. Il avait eut d'autre sentiments que celui qu'à normalement un ''père'' pour son ''fils'', c'était... c'était du...

- Sean?

Le chatain fit volte face et rencontra le visage quelque peu inquiet de sa femme...

- Siannah...
- Tu vas bien Sean? Tu avais l'air inquiet...
- Oui, ça va. Ne t'inquiète pas.

La jeune femme s'approcha de son mari et passa ses bras autour de son cou pour lui murmurrer à l'oreille :

- C'est bon de te retrouver. Ce travail me prend beaucoup de temps... Tu me manques.

Siannah fondit alors sur les lèvres de son mari qui répondit à ce baiser brulant. Il ferma les yeux et approfondit le baiser car il aimait Siannah. Oui, il l'aimait. Il l'aimait n'est ce pas? Oui.

Ses certitudes partirent pourtant en fumée lorsqu'en ouvrant les yeux, Sean vit Keil à l'entrée de la cuisine... Il se détacha alors de la jeune femme, gêné.

- Keil...

Siannah se retourna alors et souria à l'adolescent.

- Bonjour Keil! Tu as passé une bonne journée?
- Super. On mange quoi?
- Oh, c'est Sean qui fait à manger ce soir. Alors mon amour? Qu'est ce qu'on mange?
- Des... des oeufs au plat...

Siannah laissa échapper un petit rire.

- Des oeufs au plat! Mais ma parole, tu t'es déchiré ce soir mon coeur!

« Mon coeur », « mon amour », on se croirait dans la chanson d'Anais. Tout ces mots dégoulinants d'amour, c'est écoeurant. Les femmes sont vraiment idiotes. Ce n'est pas en appelant leur mec par des surnoms débiles qu'ils vont rester. Ce serait même plutot un des facteurs de leur fuite.

Keil fixa Sean un instant, ignorant totalement Siannah et sa bonne humeur qui ne collait vraiment pas à l'ambiance, et tourna les talons sous le regard surpris de Sean.

- Keil? Où vas-tu? On va pas tarder à manger!
- J'vais faire un tour dehors.

Et il sortit comme il l'avait fait plus tôt dans la journée. A la différence que maintenant, l'air frais était devenu glacé et attaquait son visage tel des poignards. Si Keil avait pu se sentir bien cet après-midi dans cette même rue, il était maintenant mal à l'aise. L'adolescent avait toujours aimé la nuit, il s'y sentait en sécurité mais cette fois-ci, c'était différent. Il se sentait mal, oppressé. Le souffle du vent sonnait comme des cris d'agonie dans l'obscurité et les branches nues des arbres dansaient dans l'air glacé, brisant l'hétérogénéité du ciel. Il faisait noir. Seule la lune éclairait faiblement la rue.

C'est dans cette atmosphère que marchait Keil lorsqu'il s'arreta devant un homme. Non, il n'était pas seul. Ils étaient quatre. Il soupira. Non vraiment, il ne voulait pas le revoir si tôt.

- Qu'est c'que tu fous la Yan? T'es pas entrain de sauter tes putes?
- Ne me parle pas si mal Keil... tu ne voudrais pas être blessé...
- C'est vrai que tu m'as montrer aujourd'hui encore ta puissance au combat...

Yan tiqua.

- Ne sois pas insolent je te dis. Mes amis risquent de mal le prendre...

Keil comprit alors. Il avait engager ces types pour le tabasser? C'était vraiment minable.

- Tu es vraiment pitoyable Yan. Tu vas faire quoi? Me tabasser dans un coin de rue?
- Pourquoi pas. Tu vois, je t'ai suivit tout à l'heure et je voulais venir te rendre visite avec mes amis mais visiblement, tu es sorti de toi même, ce qui m'arrange grandement.
- En tout cas t'as pas perdu ton temps...
- Ouais et j'ai pas toute la nuit. Les gars, vous faites comme prévu.

A ces mots, les trois hommes, ou plutot, les trois armoires qui étaient aux cotés de Yan avancèrent en regardant Keil, un sourire sadique sur les lèvres. Keil lui, ne broncha pas. Se battre ne servirait à rien sinon se faire encore plus tabassé et fuir voudrait dire qu'il est lache. De plus, des coups, il en avait déjà prit et il était loin d'être appeuré par ces trois brutes qui avançaient vers lui. Serein, il ferma les yeux et retint son souffle, prêt.

- Hey Yan c'est même pas drôle! Ton mec ne se débat même pas!
- On s'en fout bande de débiles mentaux! Frapper, c'est tout! Vous êtes payer pour ca non?!
- Ouais ouais, pas de problème.

Un premier coup partit, le poing d'un des trois hommes allant s'écraser dans l'abdomen de Keil qui ne bougea quasiment pas ce qui eut le don d'enerver encore plus l'homme qui envoya ensuite son poing dans la machoire de l'adolescent qui craqua violement sous le choc. La deuxieme brute épaisse donna alors un violent coup de pied dans le genoux droit de Keil ce qui le fit s'agenouiller. Le troisième profita alors que le visage de son adversaire se trouvait en face de son genoux pour le lui envoyer dans le visage dans un bruit sinistre. Keil se retrouva alors allongé sur le dos, le nez et la machoire en sang alors qu'il recevait des coups de pied de toute part. Ses cotes, ses bras, son bassin. Il sentait chaque parties de son corps se tasser sous les coups. Pourtant il ne criait pas, il ne pleurait pas. Il avait toujours les yeux fermés, attendant que cela stop. Que cela s'arrete, pour toujours si possible. Qu'il ne souffre plus jamais. Ni au corps, ni au coeur.

Nothing left to lose...

Enfin, tout s'arrête. Tout est finit. Il ne sent plus rien. Son corps est anesthesié. Plus de douleur. Un soulagement. Il se laisse aller dans l'inconscience. Tout est finit.

# Posté le dimanche 24 février 2008 06:08

Chapitre 5

On le dérange, il plisse les yeux. Ca fait mal, ca pique. Il était bien avant, pourquoi on ne le laisse pas tranquille? Il veut juste dormir. Dormir encore un peu. Visiblement, on en a décider autrement. Il soupire, las. Il ouvre les yeux doucement, il a mal. Le revoila, cet océan émeraude. Il le fixe et s'y sent bien. Il oublie sa douleur, il oublie son malheur. Il se sent calme et serein. Ca aurait pu durer pour l'eternité si "on" n'était pas venu les déranger...

- Sean, est ce qu'il va bien?!

Sean tourne la tête, il ne le fixe plus. Keil peut alors détourner le regard et identifier l'endroit où il se trouve. Une télé, une chaine hifi, un fauteuil. Il doit être allongé sur le canapé du salon...

- Il va s'en sortir avec des hématomes et quelques côtes cassées...

Sa voix est anxieuse.

- Heureusement que tu es arrivé à temps...

Il tique et serre les dents.

- A temps?! Il a eut le temps de se faire tabasser dix miutes au moins avant que je le retrouve!
- Mon amour, calme toi...
- Ces enfoirés... s'ils n'étaient pas partis en courant je les aurait fait payer!

Siannah est surprise, son mari d'habitude si calme... Keil aussi est surpris. Il n'a jamais vu Sean énerver et tout ca, à cause de lui. Alors, doucement, il lui prend la main, pour lui dire qu'il va bien. Alors, sentant la douce pression de la main de l'adolescent sur la sienne, Sean se calme. Il reprend le coton imbibé d'alcool et tamponne ses blessures. Keil plisse les yeux, son visage a été pas mal abimé. Sa tempe, son nez, sa machoire, tout est douloureux et cette saloperie d'alcool n'aide pas à faire passer cette douleur. Il sent les doigts de Sean frôler son visage alors qu'il applique le liquide incolore. Ils sont doux et agréable. Il ferme les yeux et se laisse aller. Tout va bien maintenant, il peut s'endormir tranquillement, laissant les doigts fins de Sean se balader sur sa peau...

You call my name
I come to you in pieces
So you can make me whole


- - -

« Hmmm... raahhh... satanés volets... j'ai encore oublié de les fermer. C'est quand même dingue ça, on est en hiver et le matin il fait un grand soleil... Laissez moi pionceeer... »

- T'es réveillé la marmotte?

Keil sent le matelas s'affesser légerement signe que quelqu'un vient de s'assoir à ses cotés. Il ouvre les yeux et voit Sean. Il essaye de se relever mais retombe lourdement sur le matelas dans un grognement sourd.

- Putain... j'ai l'impression que mes côtes sont en bouillie...
- Ce n'est pas qu'une impression...
- Huh? Ah... ouais. C'est vrai. Hier soir... J'me suis fait agresser par trois armoires comtoises... Il est quelle heure?
- Bientot midi.
- Midi?! Normal que le soleil soit si violent alors...

Keil posa alors son regard sur Sean, il sourit toujours mais ses yeux sont cernés, affreusement cernés. Est ce que par hasard il...

- Dis, Sean...
- Hm?
- Tu es resté toute la nuit ici?
- Oui, mais ne t'inquiete pas, ca va, je peux prendre un jour. Je n'ai pas beaucoup d'heure de cours aujourd'hui.
- C'est pas comme si j'étais sur le point de mourir non plus...
- Si je n'étais pas arrivé, tu n'aurai pas été loin de la mort je te signale!
- Mais alors tu es un héros Sean! Bravo! Seulement j'ai jamais demandé à ce que tu viennes me sauver. Crever la-bas ne m'aurait pas déçu.

Sa voix est blessante, blessée. Sean baisse la tête. Il a envie de lui demander mais il n'ose pas... Pourtant il veut savoir...

- Et... et Kail alors...

Keil redresse la tête violement. Kail?! Comment est ce qu'il sait?!

- Qu... Quoi?!
- La nuit où tu as cauchemardé... tu as crié son prénom... "Kail"... Qui est-ce?
- Qu'est ce que ca peut te foutre!
- Je veux juste savoir! Savoir ce que tu as vécu! Savoir pourquoi tu es triste...
- Pour que tu puisses te lamenter sur mon sort?

C'en est trop. Pourquoi ne veut-il pas comprendre qu'il tient à lui?! Sean se lève et fait face à l'adolescent, il n'en peut plus, il faut qu'il lui dise. Il faut qu'il lui fasse comprendre...

- Pour que je puisse t'aider! Ca te dérange tant que ca que quelqu'un s'inquiète pour toi?! Si je veux connaitre ton passé ce n'est pas par curiosité mais parce que je veux t'aider! Tu comprends pas ca?! Je veux te protèger! Merde je tiens à toi que tu le veuilles ou non!

Et il sort. Il le laisse seul, sur son lit, troublé. Troublé par ce qu'il vient d'entendre. Personne ne lui a jamais dit ça avant, personne ne lui a jamais dit vouloir le proteger. C'est son rôle à lui de protèger... Il protegeait son petit frère, avant. Mais lui? Qui le protègeait des coups? Qui le protège? Personne. Il se protège seul. Il est sa seule défense, depuis toujours. Il a été trahit, battu, et maintenant voila qu'on dit vouloir le protèger. Il a tellement envie d'y croire, il a tellement envie de courir dans ses bras qu'il aime tant et pleurer, évacuer tout ce qui pèse sur lui depuis si longtemps... Il a tellement envie de croire en lui... De croire qu'il sera toujours là pour lui...

Non. C'est faux. Sean est comme les autres. Lui aussi, il le trahira un jour ou l'autre. Il ne doit pas croire en ces mensonges. Il ne doit pas se laisser aller, car la minute où il fait ça... tout est finit. Il ne doit pas laisser Sean passer de l'autre côté du mur qui barricade son coeur. Il ne doit pas être faible ou du moins, ne pas le montrer. Il ne doit pas laisser ses larmes couler pourtant... elles ne peuvent être arretées. Keil se résigne alors à les laisser couler, quel autre choix a-t-il?

Et Kail? Sean a raison, il a faillit abandonner, l'abandonner. Comment a-t-il pu? Comment a-t-il pu vouloir mourir alors que son frère vit encore dans ce monde où il souffre bien plus que lui? Keil se déteste, il se hait au plus profond de son être. C'est la première fois qu'il se résigne à mourir alors qu'il n'a toujours pas retrouvé sa moitié. Il ne le mérite pas. Il ne mérite rien. Il est lache. Toutes les personnes désirant mourir sont laches. Fuir la réalité pour arrêter de souffrir, c'est lache. Laisser les personnes qu'on aime derrière soi pour arrêter de souffrir, c'est lache. Lache et égoiste.

«  Excuse moi Kail... excuse moi... »

# Posté le dimanche 24 février 2008 11:35

Modifié le jeudi 12 juin 2008 14:14

Chapitre 6

Il est passé minuit en cette nuit d'hiver et, normalement, tout le monde aurait déjà du retrouvé Morphée. Pourtant, une faible lumière traverse la porte de la chambre de Keil, signe que celui ci ne dort pas. Il a pris sa décision. Ce soir, il part. Il part à la recherche de son frère et rien ni personne ne l'en empêchera. Il faut qu'il le retrouve, il faut qu'il le sauve. Le seul problème est qu'il n'est plus dans la ville où habite sa tante Beth et qu'il n'a aucune idée de comment y aller depuis ici. Tant pis, il se fiera à son instinct, il ne peut plus rester dans cette maison. Il n'est pas à sa place. Est ce qu'il est triste? Oui, un peu. Mais on est toujours triste lorsqu'on quitte un endroit où on se sent bien, n'est ce pas? Il faut juste le quitter et ne jamais regarder en arrière. Et il n'a pas le droit d'être triste. Il n'a pas le droit de se dire qu'il a mal alors que son frère vit surement bien pire. Et c'est pour ça qu'il doit le retrouver. Pour le sauver, comme il lui a promis...

L'adolescent finit de mettre silencieusement ses quelques affaires dans son sac à dos avant d'éteindre la lumière de la chambre et de descendre les escaliers sur la pointe des pieds. Il ne faut pas qu'il l'entende, il ne faut pas qu'il le voit. Il faut que leur dernier souvenir ensemble soit la dispute de cet après midi, comme ça, ce sera peut être moins douloureux. Voilà, il est dans l'entrée. Devant la porte. Pourquoi est ce qu'il ne peut plus bouger? Il doit partir. Il le doit. Il ferme les yeux et respire. Il fait un pas et..

- Keil?

Non, non, non! Pourquoi?! Alors qu'il allait partir, il allait passer cette porte!

- Qu'est ce... qu'est ce que tu fais? Tu sais quelle heure il est?

Il ne se retourne pas, il ne veut pas croiser son regard. S'il croise ces prunelles verte, il n'aurait pas la force de le quitter.

- Je pars.

Le coeur de Sean ne fait qu'un bond. Que veut-il dire par « je pars » ?

- Comment ça, tu pars?
- Je pars, j'me casse d'ici!
- Et tu crois que je vais te laisser partir comme ca? Sans explications?

Alors lentement, Keil se retourne. Et il le voit, là, debout sur la dernière marche de l'escalier en face de lui, torse nu et les cheveux en bataille. Son visage a une expression d'incompréhension, de colère mais aussi d'inquiètude. Il a gagné, il va lui raconter. Peut être alors qu'il le laissera partir...

- Je pars le chercher...
- Kail?
- Oui. Tu voulais savoir qui c'était? Je vais te le dire. C'est mon frère. Mon frère jumeau. Après la mort de mes parents il y six ans, on a été envoyé Kail et moi chez ma tante. C'est là que le calvaire à commencer. Je ne sais pas vraiment comment ça à commencer mais elle à commencer à se défouler sur nous. Je ne sais pas pourquoi mais elle en avait toujours plus après Kail qu'après moi et comme je m'interposais, je prenais ses coups. Ca à durer deux ans comme ca, jusqu'à ce que ma tante en ait marre que je me défende et elle m'a envoyé à l'orphelinat, prétextant qu'elle n'avait pas assez d'argent pour prendre en charge deux enfants. Je n'oublierai jamais ce jour. Ce jour où j'ai vu mon frère pour la dernière fois, sur un perron de porte. Ce jour où je lui ai promis de revenir le sauver de cet enfer...

Sean ne savait pas quoi répondre. Y avait-il seulement quelque chose à répondre à ça? Il avait voulu savoir le passé de Keil et maintenant qu'il savait, il aurait voulu oublier. Oublier que ces deux enfants ont vécu l'enfer. Oublier que deux moitiés ont été arrachées l'une à l'autre. Il voudrait aller vers Keil et le serrer dans ses bras si fort que ça lui fasse tout oublier mais il ne bouge pas.

- Je suis désolé...
- De quoi? C'est pas d'ta faute.
- Ecoute moi... je vais t'aider à retrouver ton frère, je te promet qu'ensemble on le retrouvera. Mais il faut que tu restes ici.
- Non.

La réponse fut rapide et sèche. Non, il ne restera pas. Il tiendra sa promesse, il partira et retrouvera son frère seul. Parce qu'il lui a promis. Parce qu'il doit se faire pardonner d'avoir penser tout abandonner...

- Keil, tu es sous ma responsabilité et je ne te laisserai pas partir! Tu ne sais même pas où tu vas!
- Je trouverai.
- J'ai dit non!

La colère. Est ce vraiment le moyen de le faire rester? C'est en tout cas le premier sentiment qui arrive après la peur. La peur de le perdre.

- Adieu Sean.

Il pose sa main sur la poignée et la baisse. Il va tirer la porte et sortir lorsqu'une main vient emprisonner son poignet. Pourquoi est ce qu'il lui fait ça? N'est ce pas assez difficile? Pourquoi essaye-t-il de le retenir? Las, Keil se retourne et croise le regard suppliant de Sean. Non, il ne doit pas s'y noyer, sinon, c'est perdu.

- Je t'en prie Keil... Reste. Je te promet qu'on retrouvera Kail, ensemble. Reste.

Le contact de sa peau sur la sienne. Il a même l'impression que Sean lui caresse le poignet. Qu'il arrête! Qu'il arrête!

- Non. Je dois partir.
- Ne me laisse pas Keil... je t'en supplie...
- Ecoute, je dois le faire seul ok?! Je dois le sauver parce que je lui ai promis. Je lui ai promis de le sortir de là et pour l'instant tout ce que j'ai fait c'est vivre confortablement ici. Je dois me faire pardonner, tu comprends? Je dois le faire pour qu'il me pardonne d'avoir voulu l'abandonner...

Sean baisse les yeux, il a gagné. Il sait qu'il ne le fera pas rester. Alors il lui lache le poignet de se dirige vers l'armoire. Il l'ouvre et fouille dans sa poche de manteau. Il en sort son porte feuille et y prend une poignée de billet. Il marque un arrêt avant de saisir son écharpe puis retourne vers Keil et lui tend. L'adolescent regarde l'argent et l'écharpe en silence. De l'argent. Il n'en a même pas. Sean lui prend la main et y dépose les billets. Il met ensuite l'écharpe autour du cou de l'adolescent et lui sourit tristement.

- Sois prudent...

Keil le fixe un moment avant de se retourner, d'ouvrir la porte et, cette fois ci, de la franchir. Voilà, il est dehors, il est parti, il ne reviendra pas. La porte se referme et Sean n'arrive pas à la quitter des yeux. Il se laisse tomber sur les genoux et laisse aller les larmes qu'il a retenu lorsque Keil était encore là...

I'd give it all to you
Letting go of me
Reaching as I fall
I know it's already over now
Nothing left to lose
Loving you again
I know it's already over
Already over now...


Keil, lui, marche dans la rue où regne le silence nocturne. Il enfonce sa tête dans l'écharpe de Sean pour y sentir son odeur, sa chaleur et laisser, lui aussi, couler ses larmes...

My best defense, running from you
I can't resist, take all you want from me
Breaking slowly...










FIN PARTIE I

# Posté le mercredi 27 février 2008 15:37